Nath & You : des coulisses de l’influence des marques au blog d’une maman pêchue

par | 18 août 2020 | 0 commentaires

Nathalie (Nath & You) est une maman blogueuse qui a déménagé au pays des caribous, et adoooore partager ses découvertes autour de bons petits plats et de voyages. C’est aussi une pro du webmarketing : au cours de sa vie en agence de com’, elle était chargée des relations entre de grandes marques et des blogueurs et influenceurs. Comment ça se passe dans cet univers ? Quel est l’envers du décor ? Explications.

Ayant ton propre blog, et ayant été chargée de webmarketing pour des marques connues auprès des blogueuses, tu connais deux facettes “complémentaires” du blogging professionnel. On va en parler, mais d’abord, qu’est-ce qui t’a amené à travailler autour d’internet ?

Dans une ancienne vie, je voulais être… pédiatre. Mais je n’ai pas réussi à poursuivre mes études de médecine. Après une pause et des tâtonnements, j’ai repris des études en alternance, pour devenir assistante de direction. J’ai eu la chance de faire cette alternance à la SNCF. Elle est parfois critiquée, mais ça reste une belle entreprise ! Et surtout, j’ai eu une tutrice qui m’a fait confiance. J’ai pu prendre la parole lors de conférences, animer des réunions de 50 personnes…On est alors vers le début des années 2010. Ces expériences m’ont encouragée à me former dans le secteur de la communication. Sauf que mes connaissances “classiques” ne collaient pas avec la montée du web. En clair, j’allais avoir du mal à trouver un emploi. J’ai alors découvert le webmarketing en travaillant dans une entreprise de transport, et travailler avec internet m’a paru génial. Pour terminer mes études, je me suis dirigée vers une formation plus digitale, dans une école privée, pour atteindre un niveau Bac+5.

Ton diplôme en poche, tu cherches alors du travail lié à la communication et internet. Quel a été ton premier job ?

Je m’oriente vers le Social Media et rejoins une agence d’e-RP, qui s’appelait Cinquième Pouvoir. Des collègues faisaient des relations presse auprès des journalistes, tandis que j’étais spécialisée sur les blogueuses. Par exemple, avec des marques d’électro-ménager ou de cuisine comme Seb ou Tefal, il s’agissait d’envoyer des produits à des testeurs, des mamans qui publient leurs recettes, etc. J’ai surtout travaillé dans le domaine du jouet. Par exemple, avec la marque Bandaï, on a organisé des campagnes pour les Tamagochi, les peluches Kiki, les Power Rangers… On travaillait avec des mamans blogueuses, des parents ou des influenceurs autour de la famille, puisque Facebook n’est pas accessible aux enfants de moins de 13 ans.

(photo d’illustration, issue du blog Poulettemagique.com)

 

On t’imagine au bureau, à appeler ou contacter des blogueuses, des youtubeuses… En quoi consistait le métier ?

On recevait au bureau des cartons pleins de jouet, de mascottes, d’énormes déguisements… Par exemple, je recevais une dotation de 30 produits et il fallait faire un liste de personnes à qui les proposer. Notre mission était d’en faire parler, de donner de la visibilité, donc on prenait contact et on envoyait les produits aux mamans blogueuses qu’on identifiait, pour qu’elles en parlent, se montrent en photo, etc…

Ces blogueuses étaient payées pour en parler ?

Non, il s’agissait plutôt de cadeaux. On ne faisait pas de billets sponsorisés payant. Je sais que certains articles de blogs pouvaient être rémunérés quelques centaines d’euros. Mais les annonceurs pouvaient être déçus quand leur marque n’était pas suffisamment visible ou citée… Donc ça ne créait pas de bonnes relations à l’intérieur de l’agence, ni avec les influenceurs ni avec la marque. Il était plus intéressant de laisser l’influenceuse recevoir un cadeau pour qu’elle en parle à sa façon.

L’ambiance était comment au quotidien ?

Très sympa ! On s’amusait vraiment. Les marques nous donnaient des mascottes et des déguisements, et j’avais le déguisement de PacMan, de Kiki… On allait sur des plateaux télé pour des opérations de promo et comme je ne suis pas très grande, tout le monde voulait que je le mette ! Mais à vrai dire, je n’avais pas très envie, j’ai toujours refusé. Il fait très chaud sous un costume de Kiki ! Heureusement, on avait toujours un comédien ou quelqu’un de disponible pour le faire.

Vous avez contacté de “gros” influenceurs ?

Oui, mais ils n’était pas toujours les plus agréables ! Par contre, les influenceurs plus “petits” étaient plus sympas, plus accessibles. Plutôt que de mettre tout le budget, toute l’attention sur des “personnalités” connues, on recommandait à nos clients d’investir sur des blogueurs moins réputés mais qui animaient une véritable communauté.

Qu’est-ce qui t’a rendue la plus fière de toi sur cette période ?

J’ai travaillé sur les peluches Kiki, ou plutôt Monchichi. Eh oui parce qu’en France, on l’appelait Kiki mais c’était une copie non autorisée de la vraie peluche, qui elle en réalité s’appelait Monchichi dans tous les autres pays ! Quelqu’un avait copié la peluche et elle a connu chez nous le succès que l’on sait, mais le créateur original de cette peluche n’était même pas au courant. Les deux entreprises (l’inventeur et celui qui a copié) ont finit par trouver un accord.

On a donc contribué à relancer en France cette peluche que tout le monde connaissait comme ‘Kiki’. Lors d’un tournage vidéo à Paris, c’était drôle de voir tous les touristes étrangers l’appeler Monchichi, alors que les Français disaient Kiki. Et donc, le truc dont je suis fière, c’est d’avoir créé une page Facebook qui a connu au fil des mois un joli succès pour Monchichi, malgré peu de moyens. Avec du concours, quelque campagnes publicitaires Facebook Ads et un budget de seulement 1000 euros au total, j’en ai fait une page qui avait plus de 20.000 fans quand j’ai quitté l’agence.

Tu édites toi-même un blog… il a une vocation professionnelle ?

Non, ce blog perso sert quasi exclusivement à partager des coups de coeur. Je l’ai créé avec l’envie de partager des photos d’un voyage à New-York. En général, je publie des articles qui parlent de voyages, de promenades ou de visites le temps d’un week-end dans des lieux intéressants. Et je partage aussi sur Instagram.

Des marques me contactent parfois pour des partenariats, pour parler de bijoux ou d’écharpes, mais ce n’est pas dans ma ligne éditoriale. Je ne ferme pas la porte et n’exclue pas de faire des partenariats intéressants, mais à condition que ce ne soit pas trop éloigné de ce que je fais au quotidien. J’ai eu l’occasion par exemple de visiter la grotte Chauvet pour un partenariat… Ses fresques sont vieilles de 36.000 ans, c’était super intéressant.

Ton métier consiste aujourd’hui à écrire et prendre la parole pour une entreprise, tu peux nous en parler ?

Effectivement, je suis responsable du marketing pour un cabinet de conseil en cyber-sécurité, In Fidem et sa filiale Forensik. Je trouve le sujet passionnant, parce qu’internet et la sécurité de nos données concerne tout le monde. Il faut savoir qu’ici au Canada, on a récemment eu des vols de comptes d’utilisateurs dans les services de l’immigration. Et l’Agence du Revenu du Canada, équivalente au Trésor Public en France, a été hackée ! Des milliers de comptes, avec identité et mot de passe sont concernés.

Mon métier consiste à rédiger des articles sur la cybersécurité pour les deux sites. Je publie aussi sur Linkedin, où je fais en sorte de donner de la visibilité à nos marques, nos experts. On parle des menaces, des façons pour l’entreprise ou le salarié de se préparer en cas d’attaque, etc. C’est très intéressant de sensibiliser à ces sujets. Quand j’en parle, en conversation avec des amis ou dans les articles liés à mon travail, j’ai l’impression de jouer un rôle utile aux autres.

Quelques mots sur Didier Castelnau
Didier est un ancien journaliste et éditeur web. Il est "serial-entrepreneur" et accompagne des porteurs de projet et des entrepreneurs dans leur visibilité sur internet.

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